Le Monde du Cheval et de L'Equitation

serge 02Il s'appelle Serge Piérini. Il a 43 ans. On ne le remarque pas beaucoup et pourtant, c'est sur lui que repose la bonne marche de cette immense propriété de 230 hectares, dont le nom sens déjà bon, le sel, les fleurs, les flamants roses, les taureaux et les chevaux de Camargue. Si on ne le voit pas, c'est parce « Le domaine de Maguelone », tellement immense, demande des efforts démesurés et une énergie incroyable pour être partout à la fois. Mais nous reviendrons sur Serge Piérini, pour poser un regard curieux sur cette propriété, dont l'activité principale est aujourd'hui l'élevage de chevaux camarguais, bien que d'autres activités existent, comme par exemple l'agriculture, le foin, la luzerne. Plus de 80 hectares sont des terres cultivables, appelées « terres hautes », les autres étant des terres de marais, la plupart du temps sous l'eau.

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Gilbert de Keyser / Anne-Laure et Serge Piérini

C'est après la guerre, que venu d'Italie, Joseph Capitani, achète la propriété, avec la problématique de cette époque, qui était de déminer la Camargue, les Allemands pensant que le débarquement devait se faire là. Nous sommes en 1946. Pour la petite histoire, Joseph Capitani est l'arrière-grand-père d'Anne-Sylvie Bameule, que j'ai rencontré et interviewé à l'occasion du salon du livre et du festival du film équestre qui se déroule aux Saintes Maries de la mer. Dans les années 1972, c'est son père, Jean-Paul Capitani, qui créé une des premières promenades des Saintes Maries de la mer, la « promenade à cheval du pont de Gau », avec des chevaux de la famille Jalabert. Elles se font exclusivement sur la propriété, à la fois pour faire découvrir ce pays et à la fois pour faire connaître le vignoble. Il créé également l'élevage, aujourd'hui frappé de la lettre M, de Maguelone, à partir de souches de chevaux des élevages Jalabert et de Listel.

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Aujourd'hui, il y a 15 juments poulinières, qui vivent sur un autre mas, « le mas de la Galère » où elles sont saillies en liberté au printemps de chaque année.

Serge, lui aussi, à titre personnel possède 5 juments et un étalon, « Vengeur ». Cet étalon, agréé au mas de la Cure sous l'égide des Haras Nationaux, sera un des derniers, puisque l'IFCE a remplacé les Haras et ce sont les syndicats de race, qui gèrent leurs cheptels et leurs livrets généalogiques : « d'ailleurs je ne suis pas sûr que ce soit très bien, car du coup, il va se faire n'importe quoi ».

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Il a vu le jour à Arles, c'est donc un enfant du pays. Il est né à cheval, et toute sa vie se passe de ferrades en férias, de marquages en débourrages, de tris de taureaux en "abrivades". Il ne passe pas un CAP de menuiserie, fait des petits boulots, puis entre comme agent d'entretien à la mairie des Saintes, et devient chauffeur. Pour le reste, il est « amateur », et il fait le bénévole chez les autres : « Je ne suis pas très bon à l'école. J'ai toujours fait naître des chevaux, et surtout je ne voulais pas faire « l'accompagnateur » dans les manades à touristes. Et puis, le propriétaire du domaine de Maguelone devenu mon beau père m'a proposé de gérer cette magnifique propriété à temps complet, et de bénévole je suis passé « professionnel. J'ai commencé en avril 2013 ».

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C'est sans aucun doute une très belle histoire d'enfant, et quand le rêve rejoint la réalité, on trouve des gens heureux, passionnés, qui ne compte ni leur temps, ni leur engagement.

Y a-t-il beaucoup d'éleveurs de chevaux camarguais dans le berceau : « sans doute entre 40 et 50 ». Et dans un contexte économique difficile, les chevaux se vendent–ils ? « Oui, pour le pays, mais aussi à l'étranger, ou dans d'autres régions de France. Le prix s'échelonne entre 2500/3000 € pour un cheval débourré, et 3500/4000 € pour un cheval dressé au travail des manades».

 

Nous avons eu la chance d'être amenés par Serge et sa bande pour « l'abrivade » géante du 11 novembre, où chaque année plus de 3000 chevaux se retrouvent sur l'immense plage et sur la digue des Saintes Maries de la mer : une énormité équestre. Des chevaux en veux-tu en voilà, de toutes les couleurs, avec des cavaliers de tous les âges et de toutes confessions équestres. Cette journée commence par un casse-croûte convivial et débridé, où les odeurs de saucisses et de lard grillé se mélangent à la senteur de l'iode de la mer toute proche. L'ambiance est « camarguaise », les taureaux coincés par les équipes de gardians, les attelages côtoient les cowboys, les camarguais regardent d'un œil incrédule les adeptes du tourisme équestre et leurs tenues « chics ».

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L'abrivade du 11 novembre
Et ce flot ininterrompu de chevaux et de cavaliers file vers les Saintes Marie de la Mer, les gardians faisant en sorte de ne pas perdre les taureaux qu'ils ramènent au camion.
 

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Le bar " LE REVIVRE "
Enfin, il est 13 heures, tous les animaux sont rentrés et la foule s'agglutine devant le bar « LE REVIVRE » pour sandwicher et boire des coups. Quelle belle matinée. Quelle belle histoire.

Merci Serge. Ce fut un cadeau magnifique. Et si possible, à l'année prochaine.

Gilbert de Keyser

Crédit photos : Fleur TENE

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La promenade de Maguelone
 

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Serge Piérini

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Anne-Laure et Serge Piérini

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Serge Piérini et Gilbert de Keyser

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Serge Piérini et son fils Folco

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