« Non à la suppression de 200 km de chemins de randonnée dans les Monts d’Or ! » ; tel est le titre de la pétition lancée sur change.org et qui a obtenu  plus de 15 000 signatures en une semaine.

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Les monts d’Or sont un petit massif, qui a su conserver son caractère rural, à 15 minutes de Lyon.
Territoire sillonné de chemins et de sentiers, il reste un lieu d’aventure pour les piétons, vététistes et cavaliers.

A l'occasion de la mise en place du Plan Départemental et Métropolitain des Itinéraires de Promenade et de Randonnée PDMIPR, dans un souci de « préservation de l'environnement », le Syndicat Mixte des Monts d'Or veut, en catimini, réduire de façon drastique le nombre de chemins accessibles au public.

Sur les 350 Km de chemins accessibles à tous : 

  • seuls 150 km balisés et aménagés resteraient autorisés aux piétons
  • les vététistes seraient cantonnés sur 90 km 
  • les cavaliers seraient cantonnés sur 60 km dont 20 km de goudron et deux centres-villes.

Les chevaux stigmatisés

 Dans un article paru dans le magazine Du côté Saône de septembre 2017, les chevaux sont accusés par le Syndicat Mixte des Monts d’Or de dégrader les chemins « lorsque le substrat n’est pas adapté ».

Les cavaliers conscients du problème de dégradation des chemins

Les cavaliers ne nient pas le problème qui concerne 500 mètres de chemins sur 350 km (l’évaluation des 500 mètres a été faite par le Syndicat Mixte) ils ont proposé d’étudier des solutions en concertation avec les mairies et le Syndicat Mixte. Proposition restée sans réponse.

Les chemins des Monts d'Or, massif calcaire dont les carrières furent longtemps exploitées sont pour la plupart empierrés. Ils étaient bordés de murs en pierres sèches pour retenir la terre, mais, avec le recul des activités rurales traditionnelles, l'entretien des talus n'est plus assuré et le ruissellement provoque des accumulations de boue, certes remuée par les chevaux.

Il suffit de décaisser la boue (environ 30 cm) et d'entretenir les talus pour résoudre ces problèmes de façon durable. Le substrat est donc adapté, c'est l'entretien de ce substrat et des talus qui a été négligé.

L'intérêt de la présence des chevaux dans l'environnement et de leur utilisation ignoré

  • On peut s’étonner de la volonté de restreindre aux chevaux l’accès aux chemins sous prétexte de préservation de l’environnement et de développement durable :
  • de prime abord, il peut sembler évident que le cheval est l' « outil de transport » écologique par excellence en termes d’émissions de gaz à effet de serre.
  • au-delà des bilans carbone, le cheval présente de nombreux atouts au niveau environnemental. Sa production et son utilisation impliquent peu d’intrants, contrairement aux autres animaux de rente. Il participe au maintien des pâtures et de la biodiversité dans les zones sensibles au plan écologique.

D'ailleurs on peut lire sur le site du Syndicat mixte des Monts d'Or que « La présence des animaux permet d'entretenir les terrains non labourables et de garantir la préservation de l'environnement. »
Mais sur la même page les chevaux, pourtant très présents dans les pâturages des Monts d'Or, sont ignorés : «  L'élevage sur les pentes et les fonds de vallées humides. La moitié des terres est réservée aux pâturages (bovins, ovins) ».

Le cheval est générateur en zone rurale d’activités agricoles comme les autres herbivores de rente : élevage et activités connexes. Mais le cheval est aussi créateur d’activités de services (fermes équestres, activités socioculturelles, etc.) qui génèrent, ou utilisent, ou font utiliser des services.

Les agriculteurs sont amenés, de façon croissante, à accueillir les chevaux en pension des cavaliers de loisir en zones rurale ou/et périurbaine. Ces activités de service favorisent le rapprochement des ruraux et des urbains et

 Alors que 62 % des Français aimeraient que l’on réintroduise le cheval en ville (étude commanditée par les Haras nationaux au cabinet Cofremca-Sociovision), faut-il le chasser des Monts d’Or ?

Car c'est bien ce qui pourrait advenir à terme. Nombre d'agriculteurs exploitants de centres équestres et de pensions de chevaux risquent de voir leur activité menacée. La pérennité des centres de tourisme et de randonnée équestre, dont l'activité est par nature sur les chemins serait quand à elle complètement impossible.

Notons au passage que le soutien des activités agricoles fait partie des missions du Syndicat Mixte dans le cadre du développement et aménagement économique et que les exploitants de centres équestres sont des agriculteurs dans le droit français.

Rien n’est perdu

Le Syndicat Mixte des Monts d’Or, qui effectue par ailleurs un admirable travail de valorisation et de préservation du patrimoine local peut encore « revoir sa copie » en concertation avec les usagers qu'ils soient piétons, vététistes ou cavaliers.

La décision finale entre les mains des élus

En tout état de cause les décisions d’interdiction de circulation sur les chemins, ne peuvent être prises que par les communes et pour des raisons très encadrées par le Code général des collectivités territoriales, et justifiées, sachant qu'il n'y a pas d'atteinte à l'environnement imputables directement aux pratiques des randonneurs, ni raisons sanitaires, ni atteinte à l'ordre public, ni à notre connaissance de raisons de sécurité, l'usage commun des chemins en usage actuellement n'ayant à notre connaissance pas provoqué d'accident.

Comptons sur les Maires et élus communaux, grands défenseurs des valeurs républicaines dont celle du principe de la la libre circulation comme liberté fondamentale inscrite dans la constitution, pour prendre les bonnes décisions.

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