gdk

(Bruit de couloir) : «Si les cavaliers randonneurs ne sont pas contents, qu'ils s'en aillent» dixit le Président de la FFE.

Actualités. La Dépèche.fr le samedi 07 février, 17:40.

Titre : Tourisme équestre - la croisée des chemins « La Fédération française d'équitation a adopté une modification de ses statuts qui vise, dès 2016, à se passer de ses organes déconcentrés, les comités de tourisme équestre, pour confier cette activité à une commission ».

Eh bien voilà ! Nous y sommes. La porte est enfin ouverte vers une nouvelle aventure. Après avoir tué l'ANTE (Association Nationale de Tourisme Equestre) dans les années 1980, par une simple signature tripartite, entre le Poney club de France, la fédération équestre et justement les « politiciens » de l'ANTE, sous le regard bienveillant (et satisfait) du Ministère des Sports, nous voici, 30 ans après, installés dans un vide chaotique schizophrène, bercés par les pleurs et les lamentations de tous ceux qui avaient cru aux lendemains qui chantent et qui se retrouvent aujourd'hui orphelins.

Comme dirait Sigmund (FREUD) la mort du père est terrible et l'angoisse de la mort porteur d'un vide abyssal et insupportable. Pour le coup, dans le cas présent, se séparer de la mère nourricière (FFE) pour trouver sa propre autonomie et assumer son indépendance ne semble même pas possible à tous ceux qui se sont nourris de cette protection fédéralo-étatique depuis autant d'années. Même l'administration a pesé de tout son poids et combien de fois les professionnels n'ont-ils entendu qu'il fallait s'affilier à la FFE pour être dans « les clous », en règle avec les lois.

Pourtant, le tourisme équestre dans une fédération sportive, c'est un peu le mariage de la carpe et du lapin. A tel point qu'il a fallu inventer une discipline sportive (le TREC), pour permettre au tourisme équestre d'être acceptée dans le giron d'une entité fédérale logiquement cantonnée à un rôle de gestionnaire de compétitions et d'animation de l'équitation de pratiquants. Pas « de bol », le président élu à sa tête est tout sauf un sportif de haut niveau (ou de bas niveau d'ailleurs), mais en revanche il est un gestionnaire professionnel de très haute volée. Il a réussi le tour de force de faire de cette fédération une machine de guerre économique de premier plan. En revanche, il a raté le coche d'en faire une grande fédération de compétiteurs avec des résultats probants, internationalement parlant, comme il a oublié que la recherche de futurs champions était un point central de l'activité de compétition équestre.

Qui se souvient de lui, à part quelques « vieux crabes » résistants à la mort, lorsqu'en compagnie de Jean Marc LASSUS et de Pascal GAUTHIER, ils luttaient contre la fédération sportive de l'époque, contre l'administration et contre le ministère des sports. Quel talent ils avaient tous les trois, dans ces réunions d'informations, qui se déroulaient pendant le salon du cheval de Paris, encore à la Porte de Versailles. Ils ont construit le GHN, la commission paritaire des entreprises équestres, la convention collective, les formations professionnelles et sont à l'origine de la structuration et de la professionnalisation du monde équestre. Mais, finalement, il existait un sous-entendu de taille, qui était lié à l'abandon du poney club de France par le même président. Il ne pouvait pas perdre tout le travail effectué pour cette association qui regroupait la plus grande partie des adhérents de la future FFE. Donc, de président du Poney club de France, passant par la présidence du GHN, il a choisi de briguer la présidence de la FFE. Les « dindons » de la farce, ce furent ceux qui rêvaient d'un « grand tourisme équestre fédéral ».

Le tourisme équestre n'aurait jamais dû être géré par une fédération sportive. En premier lieu, il fallait séparer les genres : les pratiquants représentés par, non pas une, mais des associations (ANTE, FREF, Equiliberté qui n'existait pas en 90), les sportifs représentés par une fédération sportive (FFE) et les professionnels représentés par des syndicats (inscrit dans une CPNE comme n'importe quelle profession). Dans ces mêmes années 90, tous ces acteurs du cheval se retrouvaient pourtant dans une association appelée Tourisme en Espace Rural (TER). Ce groupe a explosé, sans doute devenait-il dangereux pour les tenants du pouvoir.

En conclusion, puisque les représentations départementales et régionales (CDTE / CRTE) disparaissent, profitons de cet instant incroyable pour travailler ensemble à la renaissance du tourisme équestre. Tout d'abord en créant un groupe de réflexions, composé de volontaires nationaux issus de toutes les représentations existantes : FREF, EQUILIBERTE, FFE, SNETE, APTE... Si la volonté des pratiquants est forte, pourquoi ne pas créer des associations départementales spécifiques regroupées au niveau national (Nouvelle ANTE). Laissons au syndicat (SNETE) et à la commission paritaire (CPNE EE) la gestion du secteur professionnel. Utilisons l'association de promotion et le site pour vendre des produits de tourisme équestre (Internet www.guide-touristique-equestre.com). Pour les autres, rejoignez ceux qui n'ont jamais baissé les bras, c'est-à-dire la FREF (créée en 1970), et Equiliberté.

Et remerciez la FFE de vous libérer. C'est un moment historique...

Gilbert DE KEYSER

Actualités