Tous les chevaux âgés de 5 ans doivent être déclarés chaque année en mairie et tout contrevenant s'expose à une amende équivalente aujourd'hui à 2 700 €. Tous les 2 ans, une commission de classement (composée d'un officier, d'un vétérinaire, d'un brigadier des troupes à cheval, d'un civil nommé par le préfet, 2 gendarmes, le maire et le secrétaire de la commune concernée) toise, classe et répartit les chevaux en 6 catégories selon leur hauteur au garrot et leur morphologie ; par exemple, les chevaux toisant 1,54 m et au-dessus seront destinés aux Cuirassiers, de 1,50 m à 1,54 m aux Dragons, de 1,47 m à 1,50 m à la cavalerie légère, etc.

Dès le début du mois d'août 1914, avec les réquisitions successives, 8 millions de chevaux seront engagés dans la guerre. Tous le seront à l'exception de ceux du président de la République, de certains ambassadeurs et hauts fonctionnaires, ceux des postes et des chemins de fer, les poulinières, les étalons et les poulains. Les plaines du Nord voient passer plus de 5 000 chevaux en 4 nuits. Sur les routes de campagne, des groupes de laboureurs âgés et tristes se séparent de leurs compagnons de travail :« le Coquet », « le Bijou », pauvres bêtes perdues, reculent d'effroi puis partent à la queue de l'immense défilé... Pour rendre moins visibles les chevaux blancs ou gris, on teint leur robe.

Des chevaux arrivent en renfort d'Angleterre et même d'Amérique. À Noël 1914, l'Ouessant débarque dans le port de La Pallice 1 400 chevaux embarqués à New York. Devant l'hécatombe des chevaux morts à l'arrivée, la France envoie des vétérinaires militaires pour s'assurer du bon embarquement et du bon état sanitaire.
Début 1915, 128 000 chevaux sont morts à la guerre ; l'année suivante le chiffre passera à 758 507, et à la fin de la guerre, à 1 140 000 environ ! Pour les préserver du gaz asphyxiant, on leur fabrique des masques...

Des masses de chevaux affolés par les combats s'échappent des rangs. Pour remplacer les bêtes blessées ou mortes, les soldats empruntent parfois directement dans les fermes des chevaux si usés qu'ils doivent les grouper de force dans l'immense troupeau... Plus on remonte vers le front, plus le sol est jonché de débris de colliers, de lambeaux de harnais, de chevaux éventrés... Quelle tristesse pour le soldat de devoir abattre son frère d'armes, parfois à l'arme blanche pour économiser les balles. Maurice Genevoix écrit : « Des blessés perdus dans la nuit appelaient entre les lignes des brancardiers qui ne viendraient pas ; plus poignants que ces plaintes humaines, les hennissements des chevaux mourants... » Un soldat raconte : « Je n'ai encore jamais entendu crier des chevaux... C'est toute la détresse du monde... C'est la créature martyrisée, c'est une douleur sauvage et terrible... »

Rosine Lagier

©Rosine Lagier    http://www.rosinelagier.com

Sources : mes collections et ma bibliothèque.

575308 512276332227455 1074450366 n

la réquisition

1545856 512276468894108 1366718283 n

le débarquement des chevaux anglais à Saint Saint-Nazaire

1690093 512277238894031 1567155483 n

Arrivée de la cavalerie britannique à Nantes

1896777 512277388894016 505124210 n

La cavalerie française entre dans Amiens

1779032 512277458894009 1151379780 n

Pour les rendre moins vulnérables, les chevaux à la robe claire sont dissimulés sous une teinture brune

1613802 512277615560660 739676440 n

Patrouille de Spahis à Ribecourt

1623220 512277742227314 1701694129 n

Troupes indiennes débarquées en renfort

1620938 512277925560629 1860943076 n

Charge de la cavalerie anglaise

1653703 512278035560618 1463773102 n

Les chevaux aussi souffrent de la boue, de la pluie et s'enlisent

1545787 512278165560605 1178231579 n

Les chevaux comme les hommes ont leur masque contre le gaz asphyxiant

1896814 512278422227246 1382623445 n

Quelle tristesse pour le soldat d'abattre son frère d'armes grièvement blessé !

1653943 512278508893904 2012930414 n

... et partout des chevaux morts... en attendant d'être brûlés

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